En avril 2021, Manon Rasmani-Villermaux est passée sur France Bleu Orléans
pour parler du thème de la sexologie au printemps.
Voilà le passage audio ainsi que le début de sa retranscription.
Le dossier du jour, ce matin, sur France Bleu Orléans. Nous parlons sexualité, parce que le printemps s'est installé, le soleil nous a accompagnés depuis le début de la semaine, et va continuer encore pendant quelques jours. Mais le contexte nous pousse à nous ouvrir aux autres. Le printemps serait-il donc le temps des amours ? Est-ce que c'est un mythe, est-ce que c'est une réalité ? Comment aborder amoureusement, et pourquoi pas sexuellement, cette période de l'année ? Avec nous : Manon Rasmani, qui est psycho-sexologue au cabinet agapé, rue Chappon, à Orléans. Bonjour Manon !
- Bonjour
Alors le printemps est-il vraiment la saison des amours ?
- Alors vous avez parlé de mythe et réalité, c'est une réalité pour les animaux et les végétaux, mais c'est un mythe pour les humains, parce qu'heureusement pour nous, on n'a pas besoin de saison printemps pour se reproduire, pour faire l'amour, c'est valable toute l'année.
Donc il n'y a pas de saison particulière pour les humains ?
- Alors il y a des études qui ont été faite, qui abordent ce sujet
Et il n'y a pas de résultats vraiment concluants ?
- Non
Donc "saison des amours pour les humains", c'est un mythe.
- Exactement
Parlons du désir alors, puisque ça n'a rien à voir avec la saison, l'attirance ou le désir que l'on peux avoir pour quelqu'un, comment cela peux-t-il s'expliquer ? Est-ce qu'il y a des explications scientifiques à cela ?
- Oui, il y a une explication complètement physiologique ! Le printemps, ce n'est pas la saison des amours, mais c'est la saison du plaisir, du désir, de l'envie de rencontre... C'est un peu la saison de Cupidon, c'est la saison où on a envie d'avoir plus d'échanges avec l'autre, et ça s'explique de façon complètement physiologique, avec les jours qui s'allongent, avec la lumière du jour qui augmente, la douceur qui s'installe... La mélatonine, l'hormone responsable de la régulation de l'horloge interne, avec donc les jours qui s'allongent, sous l'effet de la lumière, nous permet de secréter tout un cocktail d'hormones du bien-être
Donc il y a vraiment une raison hormonale à l'attirance envers une personne ?
- Oui, il y a une explication complètement physiologique
D'accord. Et psychologique ? Est-ce que les deux viennent ensemble, ou pas forcément ?
- Si, l'un influe sur l'autre ! Le fait de secréter des hormones du bien être permet d'apaiser tout le stress, le mental ert le psyché sont beaucoup plus calmes, on est disponible pour explorer, les corps sont plus exposés, on a plus envie de s'habiller en couleurs, on a plus envie de partager des moments agréables avec les autres, on fait plus d'activités à l'extérieur... c'est propice !
Est-ce qu'il y vraiment une différence entre le désir, donc l'attirance physique, et l'amour ? Est-ce que l'un doit forcément aller avec l'autre ?
- C'est une question limite philosophique (rires). Pour être simple, je vais schématiser : le désir ne va pas forcément avec l'amour. Le désir naît du manque, on est sous influence. L'un, quelque part, est le dealer de l'autre, je parle de drogue, mais c'est un peu ça, il y a une dépendance. Le désir peut être très passionnel, mais ça n'est pas l'amour. L'amour se construit. Ça peux commencer par le désir, la passion, et finir par ue relation amoureuse, mais ça peut aussi s'étouffer, on va dire une fois que les lunettes colorées disparaissent, que la réalité reprends le dessus, qu'on voit l'autre comme il est, que ses projections s'évaporent.
D'accord ! Restez avec nous, Manon Rasmani, vous êtes la psycho-sexologue du cabinet Agapé. On parle désir et amour en cette période de printemps, et vous allez nous dire en quoi est-ce que nous pouvons, ou pas, être sensible à cette période printanière pour nos désirs.